1974 de Julian Jarrold
1980 de James Marsh
1983 de Anand Tucker
Sortie le 11 novembre 2009
Ca vaut le détour
Trois années, trois enquêtes, une révélation.
Trois films, trois réalisateurs, une grande trilogie.
Thriller de très bonne facture sans pour autant révolutionner le genre, Red Riding restera par contre comme un excellent modèle de trilogie où chaque film existe par lui-même tout en s’intégrant parfaitement dans un ensemble totalement cohérent.
Red Riding fait penser par certains de ses aspects au récent thriller britannique de Tomas Alfredson, La Taupe, notamment dans son souci de l’esthétisme, sa reconstitution minutieuse d’une époque et l’importance accordée à ses personnages et au jeu des apparences. Cependant, là où La Taupe péchait par manque de clarté, Red Riding opte pour une enquête en trois temps, permettant d’approfondir comme il se doit chaque élément du film sans verser dans l’overdose et la perte du spectateur. Chaque film se centrera donc sur une intrigue secondaire, chacune finissant par révéler une partie d’une machination plus grande et à chaque fois plus sombre. Chacun des trois épisodes met en avant un nouvel enquêteur avec une démarche qui n’est pas sans rappeler Zodiac de David Fincher, en faisant du détective et de l’impact qu’a l’affaire sur celui-ci les principaux points d’intérêt du film (cela étant surtout vrai pour les deux premiers, le troisième étant plus axé sur la résolution finale). Le scénariste Tony Grisoni adapte donc comme il se doit les romans de David Pearce, permettant ainsi à chaque film de se suffire à lui-même en évitant la frustration d’une fin trop ouverte, tout en éveillant suffisamment la curiosité du spectateur pour qu’il n’ait que l’envie d’aller plus loin.
Du point de vue de la mise en scène, le constat est à peu près le même. La trilogie possède une certaine homogénéité de style, avec une ambiance sombre, une lumière souvent très travaillée et un certain goût pour un esthétisme marqué. Mais chaque épisode porte également clairement l’empreinte de son réalisateur. Le premier, à l’image de son héros qui est prêt à tout donner pour comprendre quelque chose à un monde qui lui échappe, fait la part belle aux flous artistiques, aux plans décadrés, aux gros plans et aux jeux de profondeur de champ. Toujours en comparaison à son personnage principal, le second possède une mise en scène plus stricte, avec une photographie moins tranchée et plus réaliste, et des cadrages plus classiques. Le troisième sera quant à lui plus lumineux, plus solaire, plus poétique, notamment dans un final surprenant (la meilleure séquence de la trilogie) où ce côté plus onirique renforce l’intense noirceur de l’intrigue.
Un certain esthétisme dans la mise en scène est le bienvenu dans un thriller qui ne fait, il faut bien le dire, pas la part belle à l’action mais plutôt aux personnages. D’autant qu’il n’efface pas les comédiens, mais les met au contraire en valeur. Et c’est tant mieux car Red Riding réunit un bon nombre d’acteurs britanniques de renom dont, entre autres, Andrew Garfield, Sean Bean, Peter Mullan, Mark Addy, Paddy Considine, Rebecca Hall, David Morrisey, Jim Carter ou encore Eddie Marsan. Tous aussi parfaits les uns que les autres, ils offrent, quelque soit l’importance de leur rôle, une véritable profondeur à leur personnage. Un se détache pourtant du lot, Robert Sheehan, en prostitué mystérieux et touchant. L’acteur arrive à travers des apparitions discrètes mais absolument remarquables, à faire évoluer tout en nuance son personnage au fur et à mesure qu’il se révèle et à faire saisir au spectateur l’importance qu’il aura au final.
Diffusée à la télévision outre Manche, la trilogie Red Riding aura eu les honneurs (mérités) des salles obscures en France, mais sera pour le coup passée relativement inaperçue, alors qu’elle possèdent pourtant tous les ingrédients pour rallier le grand public et les plus cinéphiles. A découvrir.




















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