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Semaine Express – 29 mai 2013

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L’Attentat – The Attack – De Ziad Doueiri étoiles-3
Sur le papier, L’Attentat aborde avec beaucoup de force le sujet, assez régulièrement traité mais non moins délicat, du conflit israélo-palestinien. Le problème est que, cinématographiquement parlant, le film manque singulièrement de personnalité et de subtilité. Du coup, on reste en dehors et, l’émotion ne prenant jamais, l’impact du propos s’en trouve fortement appauvrit.

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Very Bad Trip 3 – The Hangover Part III – De Todd Phillips étoiles-2
Il y a quatre ans, Very Bad Trip créait la surprise en donnant un coup de pied assez jouissif dans le genre de la comédie. Deux ans après, le deuxième opus se contentait de resservir la même sauce mais sans saveur. Aujourd’hui, Todd Phillips achève (sûr ?) sa trilogie en faisant dans la surenchère. Si on rigole certes plus que dans le numéro 2 et que Zach Galifianakis emporte totalement l’adhésion, tout est cette fois-ci « trop », de l’histoire aux gags, en passant les moyens déployés. Où est passée la simplicité, l’originalité et la surprise du premier épisode ?

Et de 3 !

En ce 1er juin 2013, Le Monde de Squizzz fête son troisième anniversaire, et pour l’occasion vous ouvre les portes de ses coulisses. Suivez le guide !

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Tout commence en général par une séance de ciné (vous ne le saviez peut-être pas mais, oui, les pop-corn sont la nourriture de prédilection des tortues australiennes).

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Existe aussi en version 3D.

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En tortue qui vit avec son temps, dès la fin de la séance, Squiz tweete ses premières impressions.

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Instant critique.

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Petite pause DVD…

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…avant de se remettre sérieusement au travail, en se penchant sur une analyse filmique pour Apprendre le cinéma.

Et c’est comme ça presque tous les jours dans le monde de Squizzz. Enfin… à peu de choses près ;)

Un grand merci à tous ceux qui font vivre ce blog par leurs commentaires ou via Twitter et Facebook. On embarque pour une quatrième année si vous êtes partants !

Semaine Express – 22 mai 2013

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Only God Forgives – De Nicolas Winding Refn étoiles-4
Le retour de NWR, deux ans après le déjà culte Drive, va en déstabiliser plus d’un. Le réalisateur n’a rien perdu de sa maestria en termes de mise en scène, mais il revient à un cinéma plus radical, dans la veine contemplative de Valhalla Rising. Cette violente histoire de vengeance dans les milieux criminels de Bangkok se double d’un troublant voyage intérieur, dans la tête d’un Œdipe contemporain vivant sous le joug d’une mère castratrice. A découvrir, ne serait-ce que pour se faire sa propre opinion.
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Epic, la bataille du royaume secret – Epic – De Chris Wedge étoiles-3
Cette énième variation sur un monde miniature caché est effectivement assez épique. Le scénario, simple mais efficace, privilégie l’aventure avec quelques pointes d’humour bienvenues. Le graphisme manque un peu d’originalité, mais l’animation est très maîtrisée et l’usage de la 3D assez réussi. Epic ne révolutionnera pas le genre mais est un divertissement plutôt sympa.

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La Grande Bellezza – De Paolo Sorrentino étoiles-2
Il y a des choses intéressantes dans le discours de Paolo Sorrentino, opposant le néant, la futilité à la grandeur et la beauté. La critique d’une humanité qui gaspille sa vie est cinglante. Mais à étendre le même sujet sur deux heures, en mettant quelques touches de grandeur au milieu du fourre-tout desdites futilités, le film finit par sérieusement ennuyer.

Only God Forgives : Objet trop stylisé, violent, déshumanisé, sans scénario et totalement vide ?

only-god-forgives_xxlLe 5e paragraphe de la critique révèle certains éléments de la fin du film.

Cinéaste plutôt radical, Nicolas Winding Refn avait, contre toute attente, réussi à populariser son nom (et celui de Ryan Gosling) il y a deux ans avec le très grand Drive, auréolé d’un prix de la mise en scène à Cannes. Délaissant le film de commande, il revient à un cinéma plus personnel, et donc sans concession. Et, logiquement, le film divise, ce qui dans un sens est toujours gageur d’une certaine qualité, ou tout du moins d’une prise de risque, devenue de plus en plus rare dans le cinéma actuel. « Objet trop stylisé, violent, déshumanisé, sans scénario et totalement vide. » Voilà en gros la principale critique faite par les détracteurs du film. Un avis que je respecte, mais que je vais quand même tenter de démonter ;)

Dans la ligne primaire de son synopsis, Only God Forgives narre une sombre histoire de vengeance dans les milieux criminels de Bangkok. Histoire de règlements de compte en série mêlant voyous et flics à l’excès de zèle. Simple oui, classique surtout, c’est la même que celle de la plupart des films noirs qui déferlent à la pelle sur les écrans. Et comme ces mêmes films noirs, Only God Forgives est violent. Seulement la violence est souvent choquante chez NWR, c’est vrai, parce qu’elle n’est jamais banalisée comme dans l’entertainment hollywoodien, et parce qu’elle est souvent l’extériorisation de la violence intérieure qui anime ses personnages.

Only God Forgives est donc, en apparence, un polar noir au scénario assez classique. La différence tient juste en sa narration. Aux longs discours, NWR préfère le visuel et écrit, une fois n’est pas coutume, son film par l’image. Très peu de dialogues donc, mais une composition rigoureuse des plans et une science du montage incroyable, pour interconnecter (ou isoler) ses personnages et faire se répondre les différents éléments de son histoire. Plus classiquement, mais ici avec une maestria incroyable, le travail sur la lumière et le son permet de créer des ambiances indispensables à l’impact du film. Comme il l’avait fait avec Los Angeles pour Drive, il s’approprie ici la ville de Bangkok pour la modeler à l’atmosphère de son film, une sorte de cauchemar éveillé. Les scènes de jours ou de rue, par leur réalisme, contrebalancent magnifiquement avec les séquences d’intérieur/nuit éclairées aux néons, d’un grand onirisme.

Partant de ce constat, il apparaît alors que Only God Forgives n’est plus vraiment qu’une simple histoire de vengeance, mais avant tout le voyage intérieur de Julian, Œdipe des temps moderne vivant sous le joug d’une mère castratrice, et à la recherche d’une échappatoire. L’ambiance de cauchemar éveillé, cette façon de faire se superposer réel et onirisme, vont dans le sens d’une vision subjective. L’utilisation récurrente des surcadrages implique plusieurs dimensions de lecture. Les travellings dans les couloirs, récurrents également, évoquent ce voyage intérieur. L’atmosphère angoissante globale du film, appuyée par une mise en scène rigide, géométrique, ramène à l’état d’esprit tourmenté de Julian. Les séquences qui se répondent, le fil conducteur de la symbolique des mains, sont autant de choses qui amènent dès le début le film à se pencher avant tout sur Julian alors même que, scénaristiquement parlant, tout n’est pas dévoilé.

Dès lors, la déshumanisation des personnages secondaires devient relativement logique, chacun devenant alors plus la projection symbolique que s’en fait Julian. L’énigmatique flic Chang, justicier ultra-violent, revêt une double image pour Julian, à la fois celle du père, et celle de cet homme qu’il n’est pas. Une figure à laquelle il est en opposition mais qui va finalement se substituer à ses mains paralysées, pour le défaire de son monde castrateur. Les deux séquences du climax du film, montées en parallèle, évoquent cette connexion. Tandis que Julian se retrouve dans la maison de Chang (qu’il est censé tuer) et qu’il épargne sa fille, celui-ci est en train de tuer la mère de Julian dans sa chambre d’hôtel. Les deux séquences se réunissant dans leur conclusion quand Julian ouvre le ventre de sa mère avec le sabre de Chang. La scène finale confirme ce lien entre les personnages, tout en laissant ouvert le champ des possibilités, comme le fait d’ailleurs tout le film…

Parce qu’il est atypique, parce qu’il est radical dans ses partis-pris, Only God Forgives est un film qui peut laisser de marbre, que l’on peut ne pas aimer. On peut trouver que NWR en fait trop, on peut trouver l’ensemble rigide, sans âme, on peut trouver le symbolisme peu subtil, et j’en passe. Il n’y a qu’un qualificatif qui me paraît difficilement coller au film, celui de « vide ».

Only God Forgives De Nicolas Winding Refn Sortie le 22 mai 2013 étoiles-4

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Passionnant Passé

le passé affLa rencontre d’Asghar Farhadi avec le cinéma français sonne comme une évidence. L’analyse des comportements humains, des liens entre les êtres, chère au réalisateur, est également une tradition bien ancrée dans le cinéma hexagonal. A l’image d’Une séparation, le réalisateur tisse à nouveau avec Le Passé une toile de la société contemporaine et de ses travers, en partant d’un événement du quotidien. Ainsi le scénario débute ici comme un drame moderne relativement banal, avec le retour en France d’un iranien, revenu à la demande de sa femme pour divorcer, cette dernière souhaitant se remarier. Là où on pouvait s’attendre à une confrontation sentimentale dans un triangle amoureux, Asghar Farhadi, dont la plume n’a d’égal que le maniement de la caméra, nous emmène dans une toute autre direction. Le film se transforme petit à petit en une sorte de tragédie grecque montée à l’envers, où chaque événement nous ramène inévitablement vers un drame passé. Mais ces multiples twists, très théâtraux, ne sont en fait qu’une succession de clés pour tenter de dénouer une équation aux multiples inconnues. Asghar Farhadi pointe ainsi du doigt une époque où le non-dit règne en maître, où chacun suppute plutôt que d’écouter et de parler.

La démonstration est donc magistrale sur le papier. Elle l’est tout autant à l’écran. Si le scénario du Passé est assez théâtral, sa mise en scène, elle, est très cinématographique. Asghar Fahradi, par ses cadres et des décors très fermés (voitures, maison…), rapproche au maximum ses personnages, leur enlève toute échappatoire et les oblige à communiquer. Le spectateur aussi se retrouve ainsi au cœur de cette intimité. Le réalisateur place son action dans la banalité du quotidien, tranchant bien avec la complexité des événements qui y naissent, et donnant également le réalisme nécessaire pour faire passer un scénario très écrit. Ce réalisme passe aussi par la direction des acteurs, d’une justesse incroyable. Bérénice Bejo, Ali Mosaffa et Tahar Rahim livrent des prestations à la fois fortes et fragiles, d’une très grande intensité et sensibilité. On peut en dire autant de la révélation Pauline Burlet, éblouissante.

Le Passé est un film complexe dans ce qu’il décrit, mais sa mise en scène et son interprétation font couler les choses avec une étonnante facilité, et transporte le spectateur dans un tourbillon d’émotion plus que de réflexion. D’ailleurs le plan ultime du film, magnifique, n’est pas la conclusion d’une dissertation, mais bien l’explosion d’une poésie restée tapie dans l’ombre pendant tout le film.

Le Passé D’Asghar Farhadi– Sortie le 17 mai 2013 étoiles-4,5

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Semaine Express 15/17 mai 2013

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Le Passé – D’Asghar Farhadi étoiles-4,5
Pour sa première incursion dans le cinéma français, l’iranien Asghar Farhadi réalise un drame contemporain qui pointe du doigt une époque où le non-dit règne en maître. La plume est sublime, la mise en scène d’une efficacité redoutable et l’interprétation d’une grande justesse. Brillant.
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Gatsby le Magnifique – The Great Gatsby – De Baz Luhrmann étoiles-3,5
Après la parenthèse peu concluante Australia, Baz Luhrmann revient à sa recette gagnante, l’opéra pop tout en excès mêlé à la subtilité d’une histoire d’amour. Si Gatsby n’atteint pas le niveau de Moulin Rouge ! et encore moins de Roméo + Juliette, il n’en est pas moins un divertissement de haute volée où l’émotion arrive même quelques fois à percer au milieu d’un déferlement de couleurs, d’images et d’idées de mise en scène.

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Song for Marion – De Paul Andrew Williams étoiles-2,5
Un Glee version troisième âge doublé d’une peinture de la fin de vie, du deuil et de la reconstruction d’un homme. Si Paul Andrew Williams ne transcende pas son sujet, il livre un film honnête, tantôt frais, tantôt tendre et émouvant.

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Mamá – D’Andres Muschietti étoiles-1,5
Mamá possède tous les ingrédients qui font habituellement la réussite du cinéma fantastique espagnol. Malheureusement Andres Muschietti grille un peu n’importe comment ses cartouches. Introduction trop explicite, scénario brouillon et souvent anecdotique, suspense avorté faute de maîtrise… Autant d’éléments qui font que le spectateur a toujours un train d’avance sur le film. Du coup quand Mamá prend enfin son envol dans sa dernière partie, il est déjà trop tard. Dommage.

Semaine Express – 8 mai 2013

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Trance – De Danny Boyle  étoiles-4
Danny Boyle renoue avec le style ultra-déjanté et sans concession de ses débuts. Une mise en scène hallucinante et sensuelle qui colle parfaitement au scénario de ce thriller paranoïaque, violent et sexy (mais aussi sentimental) qui vous emmènera aux confins de toutes les pulsions humaines. Transcendant.
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L’Hypnotiseur – Hypnotisören – De Lasse Hallström étoiles-3
La mise en scène est simple mais efficace, le scénario plutôt bon (notamment dans l’installation de ses personnages), le rythme bien maîtrisé et l’interprétation plutôt juste. L’Hypnotiseur est ainsi un thriller honnête qui se suit sans déplaisir. Même si on ne peut s’empêcher de penser que, dans les mains d’un réalisateur plus ambitieux, il aurait pu être meilleur.

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Sous surveillance – The Company You Keep – De Robert Redford étoiles-1,5
Si le film commence plutôt pas mal, avec une intrigue qui « intrigue » justement, le spectateur un minimum attentif dénouera assez rapidement les ficelles trop minces de ce thriller à l’intérêt finalement assez restreint. Trop bavard, manquant cruellement de rythme et trop brouillon dans les enjeux qu’il veut mettre en avant, le film est tout juste sauvé par son très bon casting, qui doit malheureusement composer avec des personnages sans saveur.