In the Mud for Love

mudEn ce jour comme les autres, Ellis et son pote Neckbone, deux gamins des bayous de l’Arkansas, partent à l’aventure pour explorer un bateau coincé en haut d’un arbre. Ellis ne sait alors pas que cette simple escapade va le faire grandir, et changer son regard sur la vie et l’amour…

Un gamin sur les rives du Mississipi ? On pense forcément au Tom Sawyer de Mark Twain, et ce n’est certainement pas Jeff Nichols, lui-même originaire de l’Arkansas, qui va renier cette inspiration. Mud est dans la grande tradition de ces épopées initiatiques de l’enfance. Ellis, gamin un peu dérouté par un modèle parental qui part en vrille et encore bercé des douces illusions naïves de l’amour adolescent, va trouver en Mud, personnage finalement très énigmatique, une nouvelle figure paternelle qui va à la fois faire écho à ses sentiments et en même temps finir par les bouleverser totalement. On pense alors également à Un monde parfait, par cette relation qui se crée entre le gamin et ce gangster au cœur tendre. Le film de Jeff Nichols se rapproche aussi de celui de Clint Eastwood par sa forme de western moderne, sur fond d’une Amérique profonde en crise, qui transparait parfaitement en arrière plan. Mud a également ce côté film de mecs, avec tout ce qu’il a de viril et sauvage. Mais un film de mec où la sensibilité affleure à chaque plan. Les femmes sont très peu présentes à l’écran, mais elles sont la cause de tous les maux de ces hommes, affectés, chacun à leur manière, par l’amour. Car oui, Mud est avant- tout un film sur l’amour, sur ses fragilités, sur ses engouements et ses désillusions.

Assez logiquement, Jeff Nichols associe la nature au destin de ses personnages. Elle peut être sauvage, le soleil est parfois aveuglant, mais elle est le plus souvent apaisante. On pense à Terrence Malick (dans ses meilleurs jours) dans la façon qu’à Jeff Nichols d’appréhender la nature. Il sait admirablement en capter la lumière, que ce soit dans les séquences de jour, sous un soleil de plomb, ou dans celles de nuit, au clair de lune. Mais le jeune réalisateur n’est pas qu’un faiseur d’image, il est également un conteur hors paire. Sa narration, pourtant à plusieurs niveaux, est d’une fluidité et d’une justesse incroyable. Il a également un don pour créer des personnages fascinants, magnifiés par des acteurs sublimement dirigés. Celui qui transcende tout, c’est incontestablement Tye Sheridan (déjà vu dans The Tree of Life), ahurissant de maturité dans le personnage d’Ellis. A tout juste 15 ans, le jeune acteur tient plus que la distance face à des pointures, telles que Matthew McConaughey, Sam Shepard et Michael Shannon, pourtant à leur meilleur. Son comparse, Jacob Lofland ne détonne pas non plus. Quand aux femmes, Reese Whiterspoon et Sarah Paulson, elles arrivent à vous bouleverser durant les quelques minutes qui leur sont accordées à l’écran.

Si Mud est à mille lieux de Take Shelter et surement moins audacieux, il n’en ait pas moins fascinant, plus touchant et sensible, et toujours d’une étonnante justesse.

Mud – De Jeff Nichols – Sortie le 1er mai 2013 étoiles-4

mud 2

3 Responses

  1. Très curieux de le voir :)
    Wilyrah Articles récents..(critique) CLOUD ATLASMy Profile

    31 mars 2013 at 12 h 09 min

  2. Autant le début du film m’a plu, autant son évolution l’entraine vers du déjà vu. J’ai été très déçu et je préfère Take Shelter.
    Chris Articles récents..OblivionMy Profile

    11 avril 2013 at 18 h 53 min

    • Squizzz

      Il est difficilement comparable à Take Shelter, on est dans deux choses très différentes. Il est certes moins audacieux, mais il est plus sincère, plus touchant et plus référencé.

      13 avril 2013 at 10 h 45 min

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

CommentLuv badge