Trancendant

trance affLes amateurs du réalisateur vont être servis, c’est un Danny Boyle en très grande forme qui nous revient avec Trance. Si le metteur en scène s’était assagi depuis quelques années, il semblerait bien qu’il se soit offert une pose récréative prompte à toutes les folies. Le titre de son dernier film n’est donc pas mensonger, Danny Boyle est bien décidé à mettre son spectateur en transe avec un thriller au scénario labyrinthique à souhait et une mise en scène hallucinante.

Tout commence pourtant assez simplement. Un comissaire-priseur s’allie à une bande de gangsters pour voler un tableau de Goya. Le braquage se déroule comme sur des roulettes… à un détail près : en route le commissaire-priseur a perdu et la toile et la mémoire. Pour les retrouver (la mémoire et la toile, donc), le gang s’offre les services d’un hypnotiseur pour fouiller dans les souvenirs de l’amnésique… Là, déjà, on sent que ça commence à déraper. Et ce n’est pas fini. De twist en twist, le scénario, signé Joe Ahearne et John Hodge (que Boyle retrouve quatorze ans après La Plage), balade le spectateur jusqu’à un final assez inattendu, mais loin d’être surprenant pour qui connaît un minimum le travail de Boyle.

En retrouvant son scénariste de Trainspotting, Danny Boyle semble aussi vouloir renouer avec sa mise en scène ultra-déjantée de l’époque. Si le réalisateur n’avait certes jamais vraiment délaissé son style, il le pousse ici à son paroxysme. On en retrouve toutes les caractéristiques : caméra toujours en mouvement, rigueur esthétique dans la composition des plans, importance de la lumière et des couleurs, voix off, sens aigu du montage, musique électro-pop (avec le retour d’un des membres d’Underworld à la composition de la BO). Le dixième film de Danny Boyle semble être une sorte de synthèse stylistique de toute sa filmographie. Au cours du film, la mise en scène va donc évoluer d’une forme assez sage (autant que peut l’être une réalisation de Boyle), plus proche de ses derniers longs-métrages, vers un délire total à la Trainspotting ou Une vie moins ordinaire. Une mise en scène dans l’exagération (mais non sans habilité) qui colle parfaitement au scénario et n’a qu’une ambition, mettre les sens et le cerveau du spectateur à rude épreuve pour l’emmener aux confins du trip hallucinatoire.

Il est aussi assez agréable de retrouver un Danny Boyle totalement décomplexé dans les thèmes qu’il aborde. Le réalisateur ne semble pas vouloir cette fois faire passer de message ou dénoncer quelque chose. Trance se veut avant tout un voyage sensoriel et psychique, comme une plongée au cœur des pulsions humaines. Thriller tour à tour violent, sensuel, paranoïaque mais aussi sentimental, composante chère au réalisateur. Danny Boyle sonde les dualités de l’homme et sa bestialité. Si Vincent Cassel peine un peu à trouver sa place, Rosario Dawson et surtout James McAvoy retranscrivent eux-aussi parfaitement ces multiples sentiments, à travers leurs jeux pleins de faux-semblants.

Avec Trance, Danny Boyle poursuit la ligne de conduite de sa filmo, tant sur le style que dans sa capacité à nous surprendre à chaque fois, à nous emmener là où on ne s’attendait pas.

Trance De Danny Boyle – Sortie le 8 mai 2013 étoiles-4

Danny Boyle sur le blog : Petits meurtres entre amis, Trainspotting, Une vie moins ordinaire, La Plage, 28 jours plus tard, Millions, Sunshine, Slumdog millionaire, 127 heures

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