Naufrage complet

Une saga qui ne sortira définitivement jamais de la nuit

En sortant de Twilight – Chapitre 5, j’en suis venu à regretter les bluettes adolescentes des deux premiers épisodes. Certes plus fleur bleue on fait pas, mais au moins ça passait pour tuer un samedi soir d’hiver. Le chapitre 3 surfait sur la même vague avec cependant un essoufflement clairement notable. Mais, je me cite à l’époque, « on pourra dire ce qu’on veut, Twilight a ce petit je ne sais quoi qui fait qu’à la fin, on a toujours envie de savoir la suite ». Ensuite, c’est peut-être moi qui ait changé (ou pas), mais le quatrième épisode avait déjà littéralement perdu ce « je ne sais quoi ». Mais bon comme je m’en suis pas tapé quatre pour pas connaître la fin, j’ai été voir l’ultime épisode de cette saga « mythique »…

On doit effectivement reconnaître à ce cinquième épisode d’être beaucoup moins mièvre que les autres, ne résumant son côté fleur bleue qu’à une déclaration d’amour pour l’éternité entre Bella et Edward (bon, soit) et à Jacob qui choisit sa future femme au berceau (y’a que moi qui trouve ça tordu ?). Le début du film pourrait même donner un peu d’espoir avec cette séquence qui rend un peu grâce à l’érotisme traditionnellement rattaché aux vampires. Il y a même une histoire prometteuse qui se met en place. La fille d’Edward et Bella est menacée par les méchants Volturi. On se dit alors que la saga va enfin prendre de l’ampleur, que l’épisode quatre n’était qu’une lente introduction explicative pour mieux contraster avec un final épique, rempli d’action, d’émotion et d’élans tragiques ! Mais non… Nous voilà reparti pour une accumulation de séquences plus ennuyeuses les unes que les autres. On va aller chercher de l’aide au quatre coins du monde, et passer des plombes à présenter ce nombre indigeste de personnages, et blablabla. On va encore se perdre dans des explications sans intérêt, et blablabla. Mais le cinéma c’est de l’émotion avant tout, non !?! Les producteurs ne sont cependant pas si cons et ont bien compris que le final de la saga de Stephenie Meyer, s’il pouvait fonctionner dans un livre, n’avait strictement aucun potentiel cinématographique. (La suite du paragraphe spoile toute la fin du film) Du coup, in extremis ils font un gros écart de fidélité au roman en intégrant une bataille, conscient que les spectateurs attendent plus qu’un film bavard. La séquence est plutôt réussie et réveille clairement un film qui n’en finissait plus de sombrer. Cependant après réflexion, c’est à se demander si cette initiative, louable par ailleurs, ne plombe pas encore plus le film. Car il est bien évidemment impossible de trahir complètement la fin du roman. Du coup, après un revirement de situation qui soulagera les fans et dépitera les autres, tout le bénéfice apporté par l’audace de cette séquence s’effondre en deux secondes pour revenir dans le monde des bisounours, offrant à Twilight la pire fin qui soit, après avoir donné de faux espoirs au spectateur.

Si Twilight – Chapitre 5 se vautre sur le fond, il aurait pu se rattraper sur la forme comme l’avaient fait ses prédécesseurs, avec des mises en scène certes très classiques et parfois un brin kitsch mais largement acceptables. Ce ne sera malheureusement pas le cas de celui-ci. Passons sur les interprétations, les comédiens faisant ce qu’ils peuvent pour jouer sans aucun matériau de base. Rendons hommage au travail de photographie de Guillermo Navarro, que Bill Condon peut remercier de sauver sa réalisation. Car pour le reste, ben circuler y’a pas grand-chose à voir (hormis une bataille plutôt bien gérée). Les effets spéciaux sont parfois limites. La bande son devient vite insupportable à force d’accumuler les chansons pop même quand ça ne colle pas avec les images (faut bien avoir de la matière pour vendre une BO). A force de tout surligner, Bill Condon sombre souvent dans le kitsch et se vautre complètement sur le plan émotionnel. Encore quelques spoilers, désolé… On ne ressent rien quand Bella dit au revoir à sa fille et encore moins quand des personnages importants se font « dégommer » au cours de la bataille finale. Mais je crois que le sommet du grand n’importe quoi est atteint dans les dernières minutes du film avec ce résumé de l’histoire de Bella et Edward qui ressemble à une soirée diapos et à ce générique tout droit sorti des Feux de l’Amour.

Twilight Chapitre 5 se voit donc octroyer le premier zéro pointé depuis les deux ans et demi d’existence de ce blog. Et croyez-moi ou pas, c’est à contrecœur.

Twilight – Chapitre 5 : Révélation 2e partie The Twilight Saga: Breaking Dawn – Part 2 – De Bill Condon – Sortie le 14 novembre 2012


Propriété interdite

D’Hélène Angel
Sortie le 19 janvier 2011

 
2/20

Je n’aime pas écrire des critiques totalement négatives sur un film, mais là j’ai du mal à trouver des points positifs au nouveau film d’Hélène Angel, si ce n’est ses deux interprètes principaux.

On doit au moins reconnaître à la réalisatrice de nous faire passer par plusieurs émotions, à savoir l’ennui et l’aberration. Le film débute dans un climat hyperformaté de maison « peut-être hantée ». Cette demeure c’est une ancienne maison de famille dont le propriétaire vient de se suicider. Sa sœur, qui semble commencer à sombrer dans la folie, et son mari, cartésien et qui tente de résonner sa femme par tous les moyens, emménagent dans la demeure pour la retaper. Hélène Angel maintient bien le doute entre le fantastique et la réalité au début de son film, et ça serait tout à son honneur si le rythme n’était pas si lent et que l’on ne s’ennuyait pas autant. Lorsqu’on se réveille enfin, au moment où elle nous donne les premières clés de son mystère, c’est pour voir un film s’embourber dans un grand n’importe quoi. Une métaphore politique trop grossièrement traitée et qui n’évite aucun cliché vient se mélanger à un plongeon trop abusif de son héroïne dans la folie.

Même la mise en scène ne sauve pas l’ensemble, trop codifiée par le genre et ne faisant naître aucune sensation chez le spectateur. L’exemple le plus frappant est sans doute cette scène où Charles Berling explore un tunnel creusé entre la maison et l’extérieur ; on ne ressent aucune claustrophobie, et on se contrefout de ce qu’il va y trouver. Dans cette avalanche de loupés, seuls Valérie Bonneton et Charles Berling se débattent comme ils peuvent, en donnant une certaine profondeur à des personnages déjà vus. Des prestations à saluer donc, mais ce n’est pas suffisant pour sauver le film.